Au nom d'un complot imaginaire, Mathias Dzon (photo), Edouard Poungui , Guy Romain Kinfoussia , Clément Mierassa , le général Emmanuel Ngouélondélé ...
Au nom d'un complot imaginaire, Mathias Dzon (photo), Edouard Poungui , Guy Romain Kinfoussia , Clément Mierassa , le général Emmanuel Ngouélondélé ..., tous membres de l'opposition dite « radicale » au Congo sont interdits de quitter le territoire. Aucune note officielle ne fait état de cette mesure antidémocratique, mais le Directeur Général de la Surveillance du Territoire, le colonel Obara est chargé de le signifier aux intéressés à nos frontières. A en croire l'hebdomadaire Jeune Afrique paru ce lundi, la décision des « autorités congolaises » fait suite à une enquête en cours sur la manifestation du 15 juillet à Brazzaville à laquelle ces leaders ont pris part pour protester contre les résultats de l'élection présidentielle. Le clan Sassou et les autres sbires de Mpila, estiment que ce rassemblement n'était qu'une tentative de coup de force incluant l'infiltration de miliciens du pasteur Ntoumi dans le sud de la capitale et l'arrivée de grandes quantités d'armes.
Dix huit ans après la Conférence Nationale Souveraine (CNS), qui aurait cru que la recette du complot imaginaire pour faire taire et priver les adversaires politiques de la liberté d'entreprendre et de penser pouvait encore resurgir dans notre pays ?
Les images de la manifestation du 15 Juillet 2005 que nous allons remettre en ligne prochainement, montrent que ni les militants, ni les responsables de l'opposition n'étaient venus au Boulevard Alfred Raoul pour une marche. Le fait de s'être rendu d'abord au siège de l'UPADS avant de descendre sur l'avenue des trois martyrs pour la marche est la preuve que rien n'était prévu dans ce sens. Si la marche était une décision arrêtée avant, ce n'est pas du siège de l'UPADS qu'elle serait partie mais du Palais du parlement, lieu du rassemblement.
Qu'à cela ne tienne, comment peut-on reprocher aux candidats à une élection de contester les résultats ? Une marche de protestation est elle interdite par la loi ?
Nous avons suivi la campagne présidentielle et nous avons pu observer que les candidats de l'opposition ont soigneusement évité l'affrontement, cette attitude leur a value d'être traité de lâche pour certains et de responsables pour les autres. D'où vient donc qu'on leur reproche une tentative de coup de force visant à renverser les institutions.
Tous les observateurs étaient quasiment certains, dans les conditions que le gouvernement tenait à organiser cette élection, il ne faisait aucun doute que Sassou Nguesso sera déclaré gagnant. C'est aussi la raison fondamentale qui a poussé les candidats du front uni de l'opposition à appeler au boycott. Alors, si les responsables de l'opposition envisageaient le recours à la force pour renverser le pouvoir, pourquoi donc avoir attendu les résultats d'une élection qui de toute évidence, allaient faire contre vents et marrées, de Sassou Nguesso son propre successeur ?
Il est de notoriété publique que le chef de l'état congolais, Sassou Nguesso dispose d'une milice privée de plus de 6000 Hommes, de plusieurs centres d'encadrements militaires et de stockages d'armes de guerres.
Le PCT n'a pas fait de ses membres, de simples idéologues du marxisme-léninisme, mais de vrais metteurs en scène de la trempe du réalisateur américain Martin Scorsese. Souvenons-nous du cinéma que l'on nous a fait vivre autour du décès du capitaine Pierre Anga, de cette forêt d'Inkogono ravagée par des tirs de je ne sais quelles armes, pour donner juste l'impression que Anga Pierre a été tué dans la forêt.
Sassou Nguesso s'était armé dans le seul objectif de conserver à tout prix le pouvoir, peu importe l'issue du scrutin. Mais ce qu'il n'avait pas prévu, c'est l'abstention massive, qui donne plus que jamais à son septennat, un caractère illégal et fait de lui un président du vide. Mais contrairement à ses courtisans, Sassou Nguesso sait qu'il ne terminera pas son septennat. La mort est l'affaire de tous et tous nous passerons, mais pour des raisons qui lui sont personnelles, Sassou Nguesso est désormais dans une logique de l'après, et pense dorénavant à la succession. Pour ce faire, il cherche déjà les moyens de priver certains de ses adversaires politiques de la liberté et du droit d'exercer toutes activités politiques pour un bon nombre d'années, histoire de créer une autoroute à son poulain.
Dans les prochains jours, nous assisterons sauf intervention extérieure, à la mise en ½uvre du scenario qui accréditera l'hypothèse du complot imaginaire du 15 juillet 2009. La scène, pensée et répétée plusieurs fois à Mpila et à Tsambitso est simple : faire cacher les armes par l'intermédiaire des services des hommes de basses besognes (Jean François Ndenguet, Blaise Adoua, Gilbert Mokoki...), dans certains quartiers ou localités fiefs de ses opposants pour les présenter au grand jour et les leur attribuer. Pour le reste, le matraquage médiatique de Télé et Radio Kim Il Sung (Télé et Radio Congo), s'en chargera pour faire avaler la pilule au peuple désabusé.
Mais jusqu'à quand Sassou Nguesso et ses sbires continueront à mettre la République en danger, en orchestrant des plans sordides visant l'élimination politique mais surtout physique de ses adversaires ?
Chers compatriotes, démocrates et amis du Congo, « les Bantous de la capitale » (un groupe musical congolais) intitulaient un de leur morceau : « Verre cassé sans réparation ». Soyons vigilant et faisons de notre mieux pour empêcher Sassou Nguesso et ses lieutenants de conduire le pays dans l'irréparable.